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Humidité & condensation à bord : protocole de diagnostic

Catégorie : Audit & Diagnostic Yachting & Marine · Lecture : ~8 min

Buée sur panneaux, gouttelettes sur diffuseurs, odeurs, moiteur persistante, condensation dans les cabines ou dans les zones techniques : sur un yacht, l’humidité se traite rarement avec une “recette” unique. Le bon réflexe : un diagnostic factuel basé sur le point de rosée, les températures, les débits et les sources d’infiltration.

1) Comprendre : point de rosée = la clé

La condensation apparaît lorsque la température d’une surface (paroi, grille, gaine, plafond, vitre, évaporateur) descend en dessous du point de rosée de l’air ambiant. Dit autrement : ce n’est pas “trop froid” ou “trop humide” en soi — c’est un mauvais couple entre humidité de l’air et température des surfaces.

Ce qu’il faut mesurer (minimum)

  • T° air et HR% (humidité relative) dans la zone concernée.
  • Point de rosée (calculé ou lu sur hygromètre/sonde).
  • T° surface des parois / grilles / gaines (thermomètre IR utile).

Si T° surface < point de rosée → condensation probable (ou inévitable) tant que l’une des deux valeurs ne bouge pas.

2) Symptômes & zones à risque

  • Cabines / suites : buée, odeur, textiles humides, condensation sur plafonds.
  • Couloirs / zones intérieures : ruissellement près des grilles, zones froides localisées.
  • Gaines / plafonds techniques : condensation cachée → corrosion, goutte-à-goutte tardif.
  • Zones “air neuf” : pics d’humidité lors d’embarquement, portes ouvertes, galley.
  • Vitrages / superstructure : ponts thermiques, surfaces froides.

3) Protocole de diagnostic (pas à pas)

L’objectif n’est pas d’avoir “une mesure parfaite”, mais une chaîne de mesures cohérentes qui explique le phénomène.

Étape 1 — Cartographier

Où, quand, et dans quelles conditions ?

  • Localisation précise (cabine, côté, plafond, grille, gaine).
  • Moment (nuit/jour, en nav/à quai), météo, mer, occupation.
  • Événements : portes, douche, galley, laundry, embarquement.

Étape 2 — Mesurer air & point de rosée

T° air + HR% → point de rosée (par zone).

  • Mesure au niveau occupant + près des grilles.
  • Comparer zone saine vs zone humide.
  • Noter l’écart : zone humide a-t-elle un point de rosée plus haut ?

Étape 3 — Mesurer T° de surface

Identifier les surfaces sous le point de rosée.

  • Plafonds, cloisons externes, vitrages, grilles, gaines.
  • Repérer les “points froids” (pont thermique / isolation manquante).
  • Noter si la condensation est localisée (souvent structure/gaine).

Étape 4 — Vérifier les débits & la distribution

Un air trop humide ou mal brassé condense plus vite.

  • Débit insuffisant → air stagnant, HR% monte, point de rosée monte.
  • Déséquilibre supply/return → infiltration d’air chaud/humide.
  • Filtration/coil sales → échange moins bon, humidité reste.

Étape 5 — Contrôler la “source” d’humidité

Air neuf, infiltration, usage, fuites internes.

  • Air extérieur non traité (apports latents élevés).
  • Infiltration par portes/ouvrants, joints, trappes.
  • Sources internes : douche, cuisine, laverie, fuite eau.

Étape 6 — Relier aux consignes et à la régulation

Un mauvais réglage peut “fabriquer” la condensation.

  • Consigne eau glacée trop basse vs point de rosée réel.
  • Réglages déshumidification inexistants ou inactifs.
  • Sondes HR/T° qui dérivent → décisions erronées.

4) Causes fréquentes (et comment les confirmer)

  • Point de rosée trop élevé (apports d’air humide) → HR% élevée + condensation diffuse.
  • Surfaces trop froides (pont thermique / isolation / gaine) → condensation localisée sur zones “froides”.
  • Débit insuffisant / mauvais équilibrage → zones qui “moisissent” car l’air ne se renouvelle pas.
  • Coils encrassés / drainage → déshumidification inefficace + eau mal évacuée.
  • Return mal positionné → l’air humide reste piégé (stratification).
  • Consignes trop agressives → eau glacée trop basse + surfaces passent sous point de rosée.

Indice simple : condensation localisée = souvent surface/gaine/isolation. condensation diffuse = souvent point de rosée élevé (apports d’humidité).

5) Plan d’actions : quick wins vs actions durables

Quick wins (souvent immédiats)

  • Nettoyage filtres/coils accessibles + vérification drainage (pentes, siphons, obstruction).
  • Vérification des débits (supply/return), vannes, registres, grilles obstruées.
  • Réglages simples : éviter consignes trop basses si le point de rosée est haut.
  • Réduction des infiltrations évidentes : joints, trappes, portes, passages de gaine.

Actions durables (si phénomène récurrent)

  • Reprise isolation sur zones froides / gaines (ponts thermiques).
  • Revue air neuf : traitement, déshumidification, logique de régulation.
  • Équilibrage réseau (air et/ou eau glacée) après refit/modifs.
  • Instrumentation : sondes HR/T° fiables aux bons emplacements + tendances.

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FAQ

Pourquoi la condensation apparaît surtout le matin ou la nuit ?

Changement de charge, zones plus froides, ventilation réduite, surfaces qui se refroidissent (ponts thermiques). Si le point de rosée reste élevé, la moindre baisse de T° surface déclenche la condensation.

Est-ce que baisser la consigne règle le problème ?

Pas forcément. Baisser la consigne peut empirer la condensation si cela refroidit des surfaces sous le point de rosée. Il faut d’abord comprendre si le problème est “point de rosée trop haut” ou “surface trop froide”.

Quel est le test le plus simple ?

Mesurer T°+HR% et calculer le point de rosée, puis mesurer la T° de la surface qui condense. Si la surface est sous le point de rosée, vous avez une preuve objective du mécanisme.

Catégories : Audit & Diagnostic Yachting & Marine


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