Chiller yacht : 9 causes fréquentes de baisse de performance
Un chiller qui “ne tient plus” : températures instables, manque de puissance en journée, alarmes, cycles anormaux… Sur un yacht, la cause est souvent multifactorielle. Voici 9 causes fréquentes, les symptômes associés et les premières vérifications à mener avant d’engager des travaux lourds.
Sommaire
1) Symptômes typiques d’un chiller “en baisse”
- Cabines/salons qui ne descendent plus à la consigne (surtout l’après-midi).
- Températures instables, oscillations, hunting (montées/descentes répétées).
- ΔT faible sur eau glacée (ou inversement ΔT anormalement élevé), sensation de “pas de débit”.
- Alarmes HP/LP, arrêts intempestifs, cycles courts, bruits anormaux.
- Humidité/condensation qui s’aggrave alors que “tout tourne”.
Conseil : notez l’heure, la météo, la charge à bord (nombre de cabines, galley, portes ouvertes), et l’état des pompes/ventilation. Ces informations accélèrent énormément le diagnostic.
2) Méthode de diagnostic (factuelle, sans hypothèse magique)
Objectif : isoler si le problème vient (A) de l’échange thermique, (B) des débits, (C) de la régulation/sensorique, (D) du circuit frigorifique.
- Mesurez : T° départ/retour eau glacée + T° eau de mer (ou condenseur) + intensité/puissance si dispo.
- Regardez les tendances : cycles compresseur, alarmes, pressions/temperatures (si accessible), stabilité.
- Comparez : performance à faible charge vs pleine charge (milieu de journée).
- Vérifiez le “simple” (filtres, vannes, purge, échangeurs) avant de suspecter une panne “rare”.
3) Les 9 causes fréquentes de baisse de performance
1) Encrassement échangeur (condenseur eau de mer / faisceau)
Symptômes : montée HP, baisse puissance, performance très sensible à la température d’eau de mer.
- Crépines/strainers partiellement colmatées.
- Fouling/biologique sur échangeur, débit effectif réduit.
- Nettoyage/inspection à planifier selon historique et environnement.
2) Débit eau de mer insuffisant (pompe, vanne, prise d’eau)
Symptômes : HP/alarme, performance qui s’effondre à charge élevée.
- Pompe fatiguée, roue, cavitation, amorçage.
- Vanne partiellement fermée, restriction, prise d’eau encrassée.
- Air dans le circuit, pertes de charge inattendues.
3) Débit eau glacée insuffisant (pompes, filtres, équilibrage)
Symptômes : ΔT incohérent, zones “loin” qui ne tiennent plus, bruit/instabilité.
- Filtres Y / paniers colmatés, vannes mal positionnées.
- Pompes eau glacée sous-performantes ou courbe mal adaptée.
- Équilibrage réseau dérivé (modifs, vannes, refit partiel).
4) Air / impuretés dans le circuit eau glacée (purge, vase, corrosion)
Symptômes : bruits, pertes de débit, échange thermique dégradé, points hauts “chauds”.
- Purge insuffisante, micro-bulles, points hauts non purgés.
- Qualité d’eau / glycol, boues, corrosion, magnétite.
- Dégradation progressive (souvent invisible jusqu’à la crise).
5) Capteurs/sondes qui dérivent (T°, pression) + mauvais retour BMS
Symptômes : consignes “atteintes” mais inconfort, décisions régulation erronées.
- Sonde départ/retour faussée → contrôle compresseur incorrect.
- Capteur pression/HP/LP instable → arrêts intempestifs.
- Étalonnage/contrôle croisé avec mesure externe.
6) Paramétrage régulation inadapté (setpoints, anti-cycles, staging)
Symptômes : cycles courts, oscillations, chiller qui “chasse”.
- Hystérésis trop faible, temporisations anti-cycles absentes.
- Logique de staging compresseurs mal réglée.
- Consigne eau glacée trop haute (ou trop basse) selon le point de rosée.
7) Charge réfrigérant incorrecte (sous-charge / sur-charge) ou fuite
Symptômes : puissance réduite, surchauffe/sous-refroidissement anormaux, dérive progressive.
- Petite fuite → performance qui baisse au fil des semaines.
- Historique F-Gas/traçabilité utile pour comprendre la dérive.
- À traiter proprement : recherche de fuite, récupération, recharge conforme.
8) Évaporateur encrassé / échange dégradé côté eau glacée
Symptômes : mauvaise capacité, ΔT “bizarre”, sensation de débit sans froid.
- Fouling interne, dépôts, qualité d’eau insuffisante.
- Risque accru si circuit non traité, purge/filtration faible.
- Nettoyage/maintenance selon recommandations fabricant.
9) Charge thermique réelle plus élevée (air neuf, infiltration, galley, portes)
Symptômes : “tout tourne” mais le confort ne suit plus, surtout en journée.
- Plus de monde, équipements cuisine, portes ouvertes, prises d’air.
- Augmentation du besoin latent (humidité) → sensation d’inconfort.
- À vérifier : ventilation, déshumidification, isolation, usage.
4) Quick wins vs travaux lourds
Quick wins (souvent) : nettoyage crépines/strainers, vérification position vannes, purge, contrôle sondes (comparaison), réglages anti-cycles, inspection échangeur.
Travaux plus lourds : nettoyage/overhaul échangeur, remplacement pompe, reprise équilibrage réseau, recherche fuite + remise en charge, correction logique BMS.
L’ordre compte : traiter d’abord ce qui impacte débit/échange, puis régulation/sensorique, puis frigorifique.
Votre chiller ne tient plus ? RivierX Engineering intervient à bord : mesures, analyse des causes et rapport actionnable.
FAQ
Quel indicateur regarder en premier sur eau glacée ?
Les températures départ/retour + la stabilité (tendance) et la cohérence du ΔT selon la charge. Un ΔT “plat” peut indiquer un débit trop faible ou un échange dégradé.
Pourquoi ça marche la nuit mais pas l’après-midi ?
Charge thermique plus élevée (soleil, occupants, galley) + eau de mer plus chaude + échangeurs en limite. C’est typique d’un système déjà fragilisé (fouling, débit limite, réglages).
Est-ce toujours une fuite de réfrigérant ?
Non. Une fuite arrive, mais les causes “débit/échange/régulation” sont très fréquentes et parfois plus simples à corriger. D’où l’intérêt d’un diagnostic factuel.
Catégories : Performance & Maintenance Yachting & Marine

Laisser un commentaire