1) Comprendre : point de rosée = la clé

La condensation apparaît lorsque la température d’une surface (paroi, grille, gaine, plafond, vitre, évaporateur) descend en dessous du point de rosée de l’air ambiant. Dit autrement : ce n’est pas « trop froid » ou « trop humide » en soi — c’est un mauvais couple entre humidité de l’air et température des surfaces.

Ce qu’il faut mesurer (minimum)
  • T° air et HR% (humidité relative) dans la zone concernée.
  • Point de rosée (calculé ou lu sur hygromètre/sonde).
  • T° surface des parois / grilles / gaines (thermomètre IR utile).

Si T° surface < point de rosée → condensation probable (ou inévitable) tant que l’une des deux valeurs ne bouge pas.

2) Symptômes & zones à risque
  • Cabines / suites : buée, odeur, textiles humides, condensation sur plafonds.
  • Couloirs / zones intérieures : ruissellement près des grilles, zones froides localisées.
  • Gaines / plafonds techniques : condensation cachée → corrosion, goutte-à-goutte tardif.
  • Zones « air neuf » : pics d’humidité lors d’embarquement, portes ouvertes, galley.
  • Vitrages / superstructure : ponts thermiques, surfaces froides.
Inspection technique à bord — RivierX Engineering
3) Protocole de diagnostic (pas à pas)

L’objectif n’est pas d’avoir « une mesure parfaite », mais une chaîne de mesures cohérentes qui explique le phénomène.

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Cartographier

Où, quand, et dans quelles conditions ?

  • Localisation précise (cabine, côté, plafond, grille, gaine).
  • Moment (nuit/jour, en nav/à quai), météo, mer, occupation.
  • Événements : portes, douche, galley, laundry, embarquement.
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Mesurer air & point de rosée

T° air + HR% → point de rosée (par zone).

  • Mesure au niveau occupant + près des grilles.
  • Comparer zone saine vs zone humide.
  • La zone humide a-t-elle un point de rosée plus haut ?
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Mesurer T° de surface

Identifier les surfaces sous le point de rosée.

  • Plafonds, cloisons externes, vitrages, grilles, gaines.
  • Repérer les « points froids » (pont thermique / isolation manquante).
  • La condensation est-elle localisée sur ces zones ?
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Vérifier les débits & la distribution

Un air trop humide ou mal brassé condense plus vite.

  • Débit insuffisant → air stagnant, HR% monte, point de rosée monte.
  • Déséquilibre supply/return → infiltration d’air chaud/humide.
  • Filtration/coil sales → échange moins bon, humidité reste.
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Contrôler la source d’humidité

Air neuf, infiltration, usage, fuites internes.

  • Air extérieur non traité (apports latents élevés).
  • Infiltration par portes/ouvrants, joints, trappes.
  • Sources internes : douche, cuisine, laverie, fuite eau.
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Relier aux consignes & à la régulation

Un mauvais réglage peut « fabriquer » la condensation.

  • Consigne eau glacée trop basse vs point de rosée réel.
  • Réglages déshumidification inexistants ou inactifs.
  • Sondes HR/T° qui dérivent → décisions erronées.
4) Causes fréquentes (et comment les confirmer)
  • Point de rosée trop élevé (apports d’air humide) → HR% élevée + condensation diffuse.
  • Surfaces trop froides (pont thermique / isolation / gaine) → condensation localisée sur zones « froides ».
  • Débit insuffisant / mauvais équilibrage → zones qui « moisissent » car l’air ne se renouvelle pas.
  • Coils encrassés / drainage → déshumidification inefficace + eau mal évacuée.
  • Return mal positionné → l’air humide reste piégé (stratification).
  • Consignes trop agressives → eau glacée trop basse + surfaces passent sous point de rosée.

Indice simple : condensation localisée = souvent surface/gaine/isolation. Condensation diffuse = souvent point de rosée élevé (apports d’humidité).

5) Plan d’actions : quick wins vs actions durables
Quick wins (souvent immédiats)
  • Nettoyage filtres/coils accessibles + vérification drainage (pentes, siphons, obstruction).
  • Vérification des débits (supply/return), vannes, registres, grilles obstruées.
  • Réglages simples : éviter consignes trop basses si le point de rosée est haut.
  • Réduction des infiltrations évidentes : joints, trappes, portes, passages de gaine.
Actions durables (si phénomène récurrent)
  • Reprise isolation sur zones froides / gaines (ponts thermiques).
  • Revue air neuf : traitement, déshumidification, logique de régulation.
  • Équilibrage réseau (air et/ou eau glacée) après refit/modifs.
  • Instrumentation : sondes HR/T° fiables aux bons emplacements + tendances.

« La condensation à bord n’est pas un problème de confort — c’est un signal technique. La traiter sans diagnostic objectif revient à régler un symptôme sans comprendre la cause. »

FAQ
Pourquoi la condensation apparaît surtout le matin ou la nuit ?

Changement de charge, zones plus froides, ventilation réduite, surfaces qui se refroidissent (ponts thermiques). Si le point de rosée reste élevé, la moindre baisse de T° surface déclenche la condensation.

Est-ce que baisser la consigne règle le problème ?

Pas forcément. Baisser la consigne peut empirer la condensation si cela refroidit des surfaces sous le point de rosée. Il faut d’abord comprendre si le problème est « point de rosée trop haut » ou « surface trop froide ».

Quel est le test le plus simple ?

Mesurer T°+HR% et calculer le point de rosée, puis mesurer la T° de la surface qui condense. Si la surface est sous le point de rosée, vous avez une preuve objective du mécanisme.

Besoin d’un diagnostic humidité/condensation à bord ?

RivierX Engineering réalise des mesures, identifie la cause et propose un plan d’actions priorisé.